Vipassana : enfer ou paradis ?

Vipassana : retraite de méditation en silence.*

Le silence…1 . 2 . 3 … 384 000 secondes de silence… J’étais prête. Enfin, je croyais.

Cela n’a jamais été aussi bruyant. Où ?

Vipassana : retraite à Montebello, Quebec, aout 2017.

A l’intérieur de moi. Qui vit en moi ? Quel autre est aux commandes sans que je puisse le faire taire ?

J’ai vu pendant 10 jours, mes 60 000 pensées par jour. J’ai vu défiler ces 600 000 pensées. C’est à cela que ressemble l’enfer. L’enfer ici sur Terre est en moi. En chacun de nous.

60 000 fois. J’ai mal. Je veux sortir. Je n’en peux plus. Mais elle veut ma mort cette femme ? Quel bourreau ! Qu’est ce que je fais là ? Je veux partir. Je serais mieux ailleurs. Quelle torture ! C est quoi le sens de tout ça ? Je comprends pas où ils veulent en venir…

« Vous êtes en prison… », ces mots résonnent encore en moi. Ils font écho à toutes ces pensées agitées, elles courent dans tous les sens, entre les cloisons de ma boite crânienne. En fuite perpétuelle. De quoi ? De la réalité. De ma seule et unique réalité. De l’instant. De mon présent.

Sur 60 000, 60 ou 600 pensées conscientes, soit à peine 1 %… Quelle misère…Le constat est triste. C’est donc ce genre de pensées que je m’inflige chaque jour ? Ces mots qui traversent ma tête à la vitesse d’une fusée et qui ne laisse en apparence aucune trace, car je ne m’en souviens même pas vraiment…

Et pourtant. C’est bien ce qui construit ma vie chaque jour. C’est ce qui me traverse chaque jour et donne à ma vie le gout de l’insatisfaction certains jours. Celle qui dit que ce serait toujours mieux ailleurs, ou plus tard. Dans quelques heures, quelques minutes. Quand je serai à mon rendez-vous, quand je mangerai, quand je me reposerai. Dans tous les cas, le « après » m’obsède. Lui, est bel et bien présent.

Mon corps hurle de douleur. Assis 10 heures et 30 minutes par jour, au sol, sur un fin tapis de mousse, l’inconfort guette la crise de nerfs. Me reposer ? Prendre soin de moi ? Il n’en est pas question ici.
La prison m’offre une chambrette entre cloisons de cartons avec magnifique panorama sur le plafond d’un ancien collège québecois. Parfois dans le brouhaha de mon chef intérieur j’entends un son de liberté. Celui d’un oiseau, libre. C’est moi qui suit dans la cage cette fois. Se moquerait il de mon sort ?

Tout le monde se moque de mon sort ! Rendez-moi ma liberté !!!

Jour 4 : ma tête va exploser. Mon corps devient de plus en plus chaud. Je vais faire mes bagages et partir.
Le corps gisant sur le lit, le regard rivé au plafond. L’assistante se fait messagère de l’ enseignante. « Elle veut que tu vienne dans la salle. Tu ne peux rester là. »

Trop, c’est TROP ! Je boue. La colère est là, mais la fièvre tourne cette colère en une larme. Unique, salée et amère. Je suis si fatiguée de ce rythme, de cette autorité. Je dis NON ! Depuis 3 jours je subis les remontrances, les remarques placées sur le chemin sans issue entre salle de méditation et salle à manger. C’est terminé. Je ne peux pas laisser faire ça. « NON ». Je me défends. Il y a des limites. Je n’irai pas. J’ose prendre congés de cette obligation. J’OSE dire non. A cette femme qui représente l’autorité suprême en ces lieux.

Une heure plus tard, la fièvre est tombée. Des images sont remontées à ma conscience. Je me souviens d’un bourreau. Moi, je suis la soumise. J’ai dit NON. Dans cette vie et dans d’autres. Je ne me soumettrai plus jamais !

Le lendemain, le calme est là.
Dans ma tête pas un mot. Pas un de superflu. Je me souviens que je suis là car j’ai suivi les signes de la vie. Je me souviens que je suis là et que c’est un cadeau qui m’ est offert. Je suis un être libre. De rester ou de partir. Ma liberté m’appartient. Je vois à l’œuvre le changement d’ état d’esprit. L’accueil du présent moment. Si je suis ici, autant profiter de ce qui m’est donné. De ce que ma présence ici peut m’apporter.
Cet enseignement je suis libre d’en prendre ce que je veux.

Suis-je schizophrène ? Suis-je folle ? Comment pouvais-je être sûre de moi hier que cette femme me voulait du mal ? Hier j’étais parano et aujourd’hui ?

 

Un vieil homme veut apprendre à son petit-fils ce qu’est la vie.

« En chacun de nous, il y a un combat intérieur » dit-il au jeune garçon. « C’est un combat jusqu’à la mort et il se tient entre deux loups. »

« Le premier est ténébreux. Il est la colère, l’envie, le chagrin, le regret, l’avidité, l’arrogance, l’apitoiement sur soi-même, la culpabilité, le ressentiment, l’infériorité, la supériorité, les mensonges, la fausse fierté et l’égo. »

« Le second est lumineux. Il est la joie, la paix, l’amour, l’espoir, la sérénité, l’humilité, la gentillesse, la bienveillance, l’empathie, la générosité, la vérité, la compassion et la foi. »

Le petit-fils réfléchit pendant un long moment. Puis, il demande à son grand-père : « Quel est le loup qui gagne ? »

Le vieil homme sourit et lui répond : « Celui que tu nourris. »

Conte Cherokee, (extrait ici de mon livre METAMORPH’OSE Transformer les épreuves de la vie en cadeaux)

 

Non je suis moi. Je suis un être humain avec son corps, son esprit et son âme.
Je suis un être conscient, avec un ego, un mental. Je suis un être manipulé par moi-même.
Je sais encore plus aujourd’hui que je peux tout changer, que je suis le maître chez moi et que je décide de donner à l’ego de la nourriture, ou pas. Nous sommes responsables de nos pensées, elles sont créatrices et puissantes. Prenons-en soin.

Nous créons l’enfer.  Créons le paradis !

 

 

*Vipassana est une retraite de méditation en silence. Je l’ai faite au Québec mais elle existe partout dans le monde ! Cette pratique est gratuite et ouverte à tous. Pour moi Vipassana est synonyme de rencontre avec l’ego. Si cela vous parle, suivez les signes !

 

D’autres participantes témoignent, lisez comme cela est inspirant !

Quelles transformations as-tu vécues grâce à Vipassana ?

 

« Je dois dire qu’à chaque Vipassana, je découvre quelque chose de nouveau. Chaque cours de 10 jours, pour moi, semble avoir une thématique qui lui soit propre. Par exemple, à ma première expérience, j’ai travaillé à la guérison d’une blessure amoureuse. À une autre, j’ai été exposée aux différentes manifestations de mon anxiété (peurs, douleurs) et j’ai réussi à en transcender quelques unes. À une autre, je recevais des inspirations pour ma mission de vie, ma carrière. À une autre, je revoyais mes souvenirs d’enfance…
À chaque fois, c’est différent!
Je peux aussi ajouter que comme transformation majeure, je constate que je suis beaucoup plus en contact avec mon senti et mes sensations. Cela me suit même de retour en ville ! Ça fait que je suis plus à l’écoute de mes besoins et de ce que je souhaite réellement, ma voie est plus éclairée !

Je ne suis pas prête à dire que c’est une retraite de méditation, je vois ça vraiment comme un cours. Je conseillerais le cours, mais je mettrais l’accent sur la technique en soi, le silence, la nature et la saine alimentation. Je rappellerais aux gens de ne prendre que ce qui résonne en eux dans les discours, les chants, les termes en pâli, etc ! »

Yasmina, Montreal. 30/40 ans.

 

« Vivre Vipassana est une expérience si radicale qu’elle m’a amenée loin en moi, dépoussiére les nombreuses couches de l’espace que j’accordais aux autres.
De quoi est-ce fait? De l’immense besoin de me faire reconnaître de l’extérieur. L’autre doit me reconnaître inconditionnellement ! Moi,  j’ai si peu de valeur et d’importance. Je ne peux pas être aimée simplement pour ce que je suis.

D’où mon agitation incessante. Faire toujours plus.

Aujourd’hui, je m’emploie à être plus. Davantage en conscience de moi.  Alléluia !

Je suis reconnaissante du cadeau que je me suis fait en ce séjour.

En vivant Vipassana, j’ai connu la sensation d’arriver chez moi, d’y éprouver un bien-être inconnu jusque là et le goût d’y établir ma demeure. J’ai la sensation d’être en paix. La joie m’habite.

Voilà pourquoi je recommanderais Vipassana. »

Monique, Montréal, +60 ans

 

 

 

« Pour moi Vipassana, en plus d’avoir été une belle rencontre avec moi-même, je me suis libérée de certaines peurs qui étaient ancrées en moi, certaines où je n’arrivais pas à mettre des mots dessus. Puis j’ai ressentie un relâchement, un laisser aller face à ces peurs. C’est comme si mon corps, suite aux libérations fait durant les méditations, vit de nouveaux changements.
Puis à partir de ce moment, des principes et valeurs profondes que je souhaitais intégrer dans ma vie mais que j’arrivais à respecter avec difficultés, faisaient maintenant partie intégrante de tout mon Être. »
Janie, Montréal 30/40 ans

 

« Je pensais que pour être aimée et être reconnue, je devais faire des choses extraordinaires, réussir des exploits, faire plus, faire mieux pour impressionner les autres. C’était une erreur. C’est ce que j’ai réalisé à la retraite Vipassana. En étant face à face avec moi-même, avec mes ressentis, mes douleurs, mes victoires, j’ai pu faire  l’expérience enfin de la douceur, du bien-être, de la joie de vivre le moment présent. Chaque respiration m’a amené plus profondément en moi et même si j’ai peur de la profondeur, je suis fière d’avoir oser y aller. J’ai ressenti que je n’ai pas besoin de faire pour avoir de la valeur. J’ai de la valeur parce que je suis vivante, j’ai juste à être moi, à rester centrée, sentir mon cœur battre, être présente et accueillir tout simplement chaque moment, chaque respiration de la vie. Le défi maintenant est de maintenir la capacité de rester présente, consciente et accueillir toute personne, toute situation ou événement comme une opportunité de me choisir à nouveau, sans me juger. Choisir de vivre avec cœur et dans le cœur et le laisser me guider. »

Rose, Montréal, +60 ans

 

« Lors de cette retraite quelle est la plus grande transformation ou découverte que vous avez vécue ? (arrêt du tabac, douleurs physiques ou morales, prise de conscience, vision pour votre avenir, baisse du stress… Tout est possible.
Durant mon séjour à Vipassana, la plus grande transformation que j’ai vécue est sans aucun doute la disparition quasi-totale de mes douleurs dans le dos. J’avais des douleurs atroces qui ont été exacerbées par le fait de méditer assise durant de longues heures, jusqu’à ce qu’une méga-boule d’émotions remonte à la surface et fasse disparaître ces douleurs par le fait même…étonnant !
Absolument je le conseillerais !
Tout simplement pour ce séjour unique passé avec soi-même en pleine nature, tout en étant entouré et inspiré par les autres personnes magnifiques qui viennent suivre ce cours. Évidemment, nous ne communiquons pas entre nous pendant la période de silence, mais leur simple présence m’a beaucoup aidée personnellement. »

Lucile, Montréal, 30/40 ans

« J’ai découvert cette technique il y a 13 ans et elle m’accompagne dans mon développement depuis. Cette rencontre avec moi-même, avec ma conscience, grâce aux enseignements de Goenka, m’a permis de me transformer, de me libérer et m’a amené beaucoup de confiance, d’harmonie, de joie et de gratitude. Je me sens privilégiée d’avoir accès à cette sagesse qui date de plusieurs millénaires et de pouvoir la mettre en pratique à tous les jours de ma vie, au coeur de mon cheminement. »

Stéphanie, Sherbrooke, 35 ans